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par Mario Charette
Vous avez plus de 50 ans et vous pensez à devenir travailleur
autonome, mais, vous vous demandez si cela est une bonne idée ?
Sachez-le, de plus en plus de travailleurs âgés choisissent de démarrer
leur propre « microentreprise », soit seul ou avec quelques employés.
Alors, pourquoi pas vous ? Avant de vous lancer dans l’aventure,
néanmoins, il est bon de savoir quelques faits.
Quelques chiffres
Il ne paraît plus étrange aujourd’hui d’être travailleur autonome,
alors qu’au début des années 90, c’était encore nouveau et le travail
autonome paraissait suspect. Plusieurs le confondaient avec le travail au
noir.
Aujourd’hui, les travailleurs autonomes forment une partie
significative de la main d’œuvre. On les trouve dans presque tous les
domaines d’activités où ils offrent des services divers et facturent des
honoraires pour leur service au lieu de recevoir un salaire. Ils sont
devenus une partie importante de l’économie québécoise, en offrant leurs
services au moment où les entreprises en ont besoin.
D’après une étude du CIRETA pour Développement Économique Canada,
entre 1991 et 1996, le nombre de travailleurs autonomes a augmenté de 304
955 à 361 250 au Québec. C’est là une augmentation de plus de 18 %, alors
qu’à la même époque, le nombre des travailleurs expérimentés diminuait de
1,8 % et que le nombre des salariés diminuait de 3,8 %. Toujours entre 1991
et 1996, environ 88 % des nouveaux travailleurs étaient autonomes.
Selon Emploi Québec, en 2005, environ 13,5 % des travailleurs
étaient en fait des travailleurs autonomes. Ce pourcentage était à peu près
le même
que dans l’ensemble du Canada, soit un peu moins d’un travailleur
sur sept (1/7).
Voici maintenant la grande surprise. Plusieurs pensent que le
travail autonome est une « affaire de jeunes ». Être travailleur
autonome demande beaucoup d’efforts et d’énergie puisqu’il faut commencer
par se faire connaître et travailler très fort au début. Cela conviendrait
donc mieux aux jeunes en début de carrière. Mais voilà, toujours selon
l’étude du CIRETA, au Québec, 27 % des travailleurs autonomes ont plus de 45
ans; et la majorité des gens qui travaillent après 65 ans, l’âge normal de
la retraite, sont en fait des travailleurs autonomes.
La situation est sensiblement la même dans le Canada dans son
ensemble, où 25 % des travailleurs autonomes sont âgés de 50 à 59 ans, et 8
% d’entre eux ont 60 ans ou plus, selon les dernières données. Aux
États-Unis, l’AARP, l’association nationale regroupant les 50 ans et plus,
rapportait en 2004 que 15 % des travailleurs de plus de 38 ans planifient le
démarrage de leur propre « microentreprise » en fin de carrière.
Des motivations
Le travail autonome est donc devenu une façon tout comme une autre
de participer au marché du travail. Il n’y a plus de gêne de ce côté-là. Et
lorsqu’on y pense, il ne faut pas être surpris que beaucoup de travailleurs
autonomes soient des travailleurs plus âgés. Plusieurs des motivations de
ceux qui deviennent travailleurs autonomes se retrouvent aussi chez eux. Ces
dernières incluent:
-
faire
valoir ses connaissances, son expertise, son expérience;
-
gérer son
propre horaire;
-
avoir plus
d’autonomie, prendre ses propres décisions;
-
se
réaliser au travail, y apporter une valeur ajoutée;
-
prendre
son avenir économique en main.
Toutes ces motivations se résument au fond en une seule : avoir plus
de liberté et subir moins de contraintes au travail. Il ne faut donc pas
être surpris que le travail autonome en intéresse plus d’un, après 50 ans.
Plusieurs enquêtes ont démontré que les contraintes excessives au travail
sont la plainte la plus fréquente des travailleurs âgés. Le travail autonome
est donc une façon pour eux de récupérer du pouvoir sur leur carrière.
Des conseils
Pensez-vous devenir travailleur autonome ? Les conseils qui suivent
s’appliquent à tous ceux qui y réfléchissent, mais s’avèreront précieux
surtout si vous avez 50 ans ou plus, et avez été un travailleur salarié
toute votre vie.
-
Préparez-vous à une expérience de travail tout à fait différente.
Un salarié complète des tâches qui lui ont été assignées et sait
que, normalement, d’autres tâches lui seront assignées lorsqu’il en aura
fini. Le travailleur autonome ne sait pas cela avec certitude, donc il doit
chercher du travail régulièrement. C’est toute une autre façon de
fonctionner !
-
Évaluez
vos aptitudes au travail autonome !
Les gens rendus aisément anxieux, les personnalités introverties,
les personnes très méthodiques sont généralement inconfortables dans une
situation de travail autonome. Au contraire, les personnes optimistes, les
extroverties et les gens qui aiment jongler plusieurs activités à la fois y
seront souvent plus à l’aise. Un examen psychométrique peut s’avérer utile
pour déterminer vos aptitudes au travail autonome. 50Plus Job offre ce
service.
-
Faites le
bilan de votre expertise et de vos compétences !
Ce sont elles que vous allez maintenant mettre en marché et qui vous
permettront de continuer à gagner des sous. Elles sont l’essence même des
services que vous allez offrir. De plus, avant de quitter votre emploi
salarié, il est bon d’identifier trois ou quatre utilisateurs potentiels de
vos services.
-
Utilisez
les services qui vous sont disponibles.
50PlusJob, par exemple, peut vous aider à trouver vos premiers
mandats. Plusieurs des affichages d’emploi qu’on y trouve sont en fait des
mandats offerts aux travailleurs autonomes. Inscrivez-vous pour pouvoir les
consulter.
Références
AARP’s Testimony Before the Special Senate Committee on Aging.
Breaking The Silver Ceiling: A New Generation of Older Americans Redifining
The Rules of the Workplace.
September 20,2004.
Human Resource Development Canada, Applied Research Branch. Results from
the Survey of Self-Employment in Canada.
HRDC, 2002
Emploi Québec. Les chiffres clés de l’emploi au Québec.
Québec, 2006.
Centre d’information et de recherche sur l’entrepreneurship et le
travail autonome (CIRETA). Profil du travail autonome au Québec. Recensement
de 1996. Développement économique Canada, 1999. |